The Mold That Generates Me /

La moisissure qui me génère

2026 —

THERE IS

AN ANTHROPO-ALGORITHMIC

MOLD

SPREADING BETWEEN MY LOBES, MOLDING

THE FLESH I MIGHT BE

INTO THE FLESH I MIGHT BECOME

Is it possible to keep a “private diary” with AI whose temporality is genuinely altered by algorithmic materiality, without entirely losing its intimately embodied grounding?

Conducted over the long term, this project examines how such a practice would transform my relationship to memory, anticipation, and the meaning-making of everyday experience.

Its method consists in rerouting my stream of consciousness through a chain of AI-based operations that have themselves been short-circuited, producing video, visual, and textual traces of a mental and algorithmic activity that is at once intimately connected to my lived experience while remaining profoundly alienated.

The process begins upon waking, when I write down the unstable associations of ideas surfacing in my consciousness. This text initiates an automated cascade of feedbacks between language and images, generated through deliberately destabilized diffusion and vision-language models. Each iteration retains fragments of my initial entry while subjecting them to successive semantic, syntactic, and thematic mutations, approaching the limits of nonsense.

Once the entire apparatus has been set up, I intervene only twice: by writing the initial prompt and composing the final text, which in turn alters the mutations produced by the AI.

The diary therefore takes shape through visual and textual elements generated within a liminal temporality, in which my intentionality no longer coincides with what language allows me to express, nor my representations with what AI makes visible.

This discorrelative structure of production--to borrow Shane Denson’s concept--establishes an indeterminate and disruptive relationship with the algorithmic system, confronting me--and, in turn, the reader/viewer--with textual and visual materials that neither completely disintegrate nor fully unify my memories and thoughts.

Ultimately, the project seeks to determine whether such a framework can affirm a new form of subjective life in contact with AI, rather than allowing it to wither away in its increasingly prominent dependence on automations that align us with the self-referential and frictionless symbolic order of the models.

Finally, the project responds to the call for a “de-generative” AI aesthetic launched by artist Grégory Chatonsky. In this sense, it adopts a pharmacological approach that, by analogy, can be described as the cultivation of an anthropo-algorithmic “noble rot,” as an alternative to brain rot--understood in the broad sense as the standardized, desubjectivizing, and self-referential entropy of dominant generative systems.

Ce journal intime d’un nouveau genre explore la possibilité d’une expression médiée par l’IA qui demeure intimement incarnée, tout en résistant au lissage normatif de la subjectivité qu’induisent habituellement ces systèmes.

Mené sur le temps long, ce projet examine la manière dont une telle pratique transformerait mon rapport à la mémoire, à l’anticipation et à la production de sens au sein de l’expérience quotidienne.

Sa méthode consiste à recircuiter mon flux de conscience à travers une chaîne d’opérations basées sur l’IA qui ont elles-mêmes été court-circuitées, afin de produire des traces vidéo, visuelles et textuelles d’une activité à la fois mentale et algorithmique, intimement liée à mon expérience vécue tout en étant profondément aliéné.

Le processus commence au réveil, lorsque je note les associations d’idées encore instables qui affleurent à ma conscience. Ce texte déclenche une cascade automatisée de rétroactions entre langage et images, produite au moyen de modèles de diffusion et de modèles vision-langage volontairement déstabilisés. Chaque itération conserve des fragments de mon entrée initiale tout en les soumettant à des mutations sémantiques, syntaxiques et thématiques successives, jusqu’aux limites du non-sens.

Une fois l’ensemble du dispositif mis en place, je n’interviens plus qu’à deux reprises : en rédigeant le prompt initial, puis en composant le texte final, lequel vient à son tour altérer les mutations produites par l’IA.

Le journal prend ainsi forme à travers des éléments visuels et textuels générés au sein d’une temporalité liminale, dans laquelle mon intentionnalité ne coïncident presque plus avec ce que le langage me permet d’exprimer, ni mes représentations avec ce que l’IA rend visible.

Cette structure de production « décorrélative » -- pour reprendre le concept de Shane Denson -- établit une relation indéterminée et perturbatrice avec le système algorithmique, me confrontant -- et, par ricochet, le.la lecteur.ice ou le spectateur.ice -- à des éléments textuels et visuels qui ne désintègrent pas complètement ni n’unifient pleinement mes souvenirs et mes pensées.

En définitive, le projet cherche à déterminer si un tel cadre peut affirmer une nouvelle forme de vie subjective au contact de l’IA, plutôt que de la laisser dépérir dans sa dépendance de plus en plus prééminente aux automations nous alignant sur l'ordre symbolique autoréférentiel et sans friction des modèles.

Le projet répond enfin à l'appel à une esthétique dé-générative des IA lancé par l'artiste Grégory Chatonsky. Elle adopte en ce sens une approche pharmacologique qui par analogie, peut être qualifiée de culture d'une « pourriture noble » anthropo-algorithmique, comme alternative au brain rot, entendu au sens large comme l’entropie standardisée, désubjectivante et autoréférentielle des systèmes génératifs dominants.

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La Centrifugeuse / The Centrifuge